J’aime écrire sur les personnes inspirantes. Je crois beaucoup que celles-ci nous aident à nous dépasser et nous amènent à vouloir créer un monde meilleur. Julie Collin est une de ces personnes qui, à mon sens, contribue à faire rayonner une société plus ouverte et plus juste.

 

Blogueuse, mais plus que ça

Julie c’est une blogueuse de 35 ans vivant à Québec. Son blogue, Julie lit au lit, traite de ses lectures et de ses impressions. Mais, c’est aussi plus que ça. Elle s’est donnée comme mission de rendre la lecture plus accessible aux gens. Elle a toujours été passionnée par celle-ci et elle a décidé d’utiliser cette passion pour changer le monde à sa façon. D’une part, elle vulgarise très bien les livres qu’elle lit (sans jamais donner de punch!) pour s’assurer que ses articles soient simples et accessibles. Au diable les mots compliqués! D’autre part, elle a décidé de faire encore plus en participant financièrement aux missions des organismes d’alphabétisation. Comment elle fait ça? Elle a une affiliation avec leslibraires.ca qui fait que chaque fois qu’une personne achète un livre sur le portail de cette librairie via un lien utilisé dans les articles du blogue, Julie reçoit un pourcentage de la vente sans que ça ne coûte plus cher à l’acheteur. L’argent recueilli est ensuite entièrement remis à un organisme qui œuvre en alphabétisation. Récemment, elle a remis 150$ à L’Atelier des lettres. Enfin, elle a initié la journée Le 14 février, je donne un livre! où chacun est encouragé à partager des livres autour de soi. Julie a remis elle-même plusieurs livres un peu partout dans les environs de Québec ainsi que dans le traversier Québec-Lévis. Un super beau projet pour offrir la lecture en cadeau et pour partager des livres qui dorment dans les bibliothèques.

 

L’alphabétisation, un sujet d’actualité

Julie Collin a décidé d’utiliser son blogue pour mettre de l’avant la lecture, mais également pour qu’on parle d’alphabétisation. Alors qu’on pourrait croire qu’au Québec on est loin de cette problématique, 19% des québécois sont analphabètes et 34,3% éprouvent des difficultés sérieuses en lecture et en écriture. On qualifie ces derniers d’analphabètes fonctionnels. C’est donc plus d’un adulte sur deux âgés entre 16 et 65 ans qui vivent des difficultés importantes en lecture et en écriture. Contrairement à ce que l’on pense, ce ne sont pas les personnes immigrantes et les personnes âgées qui sont les plus touchées par cette problématique. Étant donné que la scolarisation est un critère analysé pour pouvoir immigrer ici, la plupart des personnes immigrantes sont souvent plus scolarisées que les personnes québécoises en général. C’est donc assez préoccupant de voir qu’on parle si peu de l’analphabétisme alors qu’il touche un si grand nombre de personnes. On voit rarement les personnes analphabètes. Pourquoi? Julie m’expliquait que ces personnes sont incroyablement débrouillardes. Elles développent des trucs pour faciliter leur quotidien : apprendre par cœur leur médication, acheter toujours les mêmes marques connues à l’épicerie (celles vues à la télé!), déléguer les tâches administratives à des adjoints pour leur éviter d’écrire et de lire, etc.

 

Un parcours en lien avec l’alphabétisation

Julie a rapidement été interpellée par l’alphabétisation. Plus jeune, elle était douée à l’école et aimait déjà la lecture. Par contre, venant d’un milieu où la scolarisation n’était pas valorisée, elle a décroché de l’école à 16 ans. Elle y est finalement retournée à 23 ans avec le support et l’encouragement d’un amoureux inspirant. Cela a certainement teinté ses réflexions sur le sujet. Puis, suite à ses études en ressources humaines, elle a travaillé au niveau des formations. C’est là qu’elle y a rencontré des gens touchés par l’analphabétisme. Elle se rend compte à quel point il manque de ressources pour aider ces personnes. Elle voit les impacts personnels et sociaux. Une personne analphabète a plus de risque de vivre de la pauvreté, car celle-ci a moins de chances de réussir les tests d’embauches (tests écrits où elle doit lire et écrire). Se nourrir coûte aussi plus cher, car elle va baser ses choix de consommation sur les images et les publicités vues à la télévision n’étant pas toujours capables de déchiffrer les mots. Elle peut également devenir rapidement déboussolée si la routine est changée. Julie me donnait l’exemple d’un chauffeur d’autobus qui ne savait plus où aller suite au changement de son parcours. Alors qu’il faisait habituellement toujours le même trajet, il n’avait pas à lire quoi que ce soit. Le changement de trajet a vraiment chamboulé son travail. Ensuite, une personne qui apprend sa médication par cœur a des risques élevés de mettre sa santé en jeu si elle se trompe ou si celle-ci change. Parce qu’on va se le dire, l’analphabétisme est souvent accompagné d’un sentiment de honte et d’une baisse de l’estime de soi. Si on a l’impression que ça n’existe pas au Québec, c’est parce que personne n’en parle. Beaucoup de gens tentent de se débrouiller pour vivre une vie la plus normale possible. Ils ne veulent pas qu’on le remarque et qu’ils se sentent jugés. Julie a été très touchée par les gens qu’elle a rencontrés et elle a décidé d’agir.

 

Un projet collectif

C’est donc suite à tout ça qu’elle a eu envie de faire sa part pour changer les choses et faire connaître la situation. Oui, elle a conscience que ses articles ne seront pas lus par les gens analphabètes. Par contre, en donnant envie aux gens de lire plus, en rendant ça accessible et en parlant le plus souvent possible d’alphabétisation, elle a conscience d’ouvrir un dialogue à ce sujet. De plus, les sous redonnés aux organismes oeuvrant auprès des personnes analphabètes via ses liens d’affiliation permettent d’en faire un peu plus pour les aider. Ce qui est beau dans son projet, c’est que celui-ci est collectif. Elle veut impliquer le plus de personnes possible. Les gens qui lisent ses articles, qui repartagent, qui donnent des livres, qui achètent via ses liens affiliés, qui en parlent, etc. contribuent à faire rayonner la mission de son blogue.

 

Julie Collin, une fille de valeurs

Ce qui m’a touchée par rapport à Julie c’est son envie d’aider sans rien vouloir en retour. Parler d’elle est vraiment difficile. Pendant ma discussion avec elle, elle ramenait sans cesse le sujet vers les autres. Elle avoue avoir un certain malaise à se mettre de l’avant et à recevoir des compliments. Elle sera donc probablement gênée que je dise que je la trouve vraiment inspirante. C’est une de ces personnes qui donnent espoir en l’humanité. Elle se dédie pour améliorer une situation. Elle a vraiment à cœur que tous aient les mêmes chances et elle désire faire rayonner les personnes autour d’elle. Elle s’investit beaucoup de manière bénévole dans son blogue et dans les activités qui l’accompagnent (le 14 février, je donne un livre / libraire d’un jour / entrevues …). Elle le fait en s’assurant toujours de respecter ses valeurs. Elle a choisi leslibraires.ca plutôt qu’un géant comme Amazon puisqu’elle désirait encourager l’économie locale et les librairies indépendantes. Elle s’assure de choisir avec soin les livres dont elle parle. Elle se garde le droit de parler ou non des livres qu’elle reçoit de certaines maisons d’édition pour continuer à toujours rester objective et parler uniquement des livres qu’elle a aimés. Elle aime mettre de l’avant des auteurs moins connus pour leur donner une visibilité et les faire rayonner. Elle a vraiment à cœur que la lecture soit accessible à tous. C’est aussi pour cette raison qu’elle a créé des journées comme le 14 février je donne un livre. De plus, dans son quotidien, elle redonne beaucoup de ses livres. Choisir de s’investir autant dans un projet, c’est beau! Plus il y aura de Julie Collin à travers le monde, plus on vivra dans une société ouverte et juste.

 

La lecture, ça peut changer le monde

Pour Julie, la lecture représente tout. C’est une manière de s’ouvrir à l’autre. C’est une façon de développer de l’empathie par rapport aux histoires et aux vécus des gens. C’est une porte d’entrée à la discussion. C’est une transition pour bien dormir après une journée à la course. C’est une opportunité d’apprendre sur des sujets et d’améliorer son orthographe. C’est une façon de décrocher et décompresser. Tu crois que tu manques de temps pour lire? Elle te dirait que ce n’est pas la quantité qui compte. Lis une ou deux pages par jour si c’est ce que tu peux faire. Développe-toi un rituel pour mettre de la lecture dans ton horaire. Profites-en pour lire avec les enfants, dans les transports en commun, dans tes pauses de dîner, dans ton bain, etc.

 

Je lui ai demandé de me nommer ses livres préférés. Elle a eu beaucoup de difficultés à me répondre, mais elle m’a finalement donné deux de ses coups de cœur. Je te laisse les liens ici : Des fleurs pour Algernon  de Daniel Keyes et Le triomphe des généreux d’Adam Grant.

 

Si tu ne connais pas son blogue, va voir ça tout de suite! J’adore y faire des découvertes! C’est d’ailleurs là que j’ai appris l’existence du super livre Laissez courir les éléphants de David Usher  (oui oui le chanteur!). Son blogue donne le goût de lire, c’est simple à comprendre et ça te montre tout ce que tu peux aimer d’un livre. Julie lit au lit est définitivement un blogue que j’adore. La fille en arrière est tout aussi à connaître. Surveille son nom, ce n’est pas la dernière fois que tu entends parler de Julie Collin.

 

Pour la suivre

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Pour en savoir plus sur l’alphabétisation, va voir le site de la Fondation pour l’alphabétisation.

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